Dans cet article, nous allons voir plusieurs pistes qui facilitent ce passage du Moi au Soi.

1 – Un travail sur les ombres :
Il s’agit d’accueillir toutes les facettes que le Moi a tendance à rejeter, à refouler ou à nier et en lui. Tant qu’elles ne sont pas reconnues, n’y acceptées comme faisant partie intégrante de notre unité, le Moi reste fragmenté. Récupérer ses facettes et ses projections, c’est à la fois de venir conscient de ses ombres, c’est faire grandir le Moi, et c’est aussi commencer à se rassembler et retrouver son unité.

2- Acteur et observateur :
Il s’agit d’identifier tous les rôles sociaux auxquels le Moi s’identifie selon les circonstances : le gentil, compétent, rebelle, jaloux… Et se demander : « Qui agit là ? », « Qui est celui qui fait cette expérience ? »… Apprendre à être à la fois acteur et observateur permet de se voir et d’identifier des jeux de rôle qu’on endosse inconsciemment pour les corriger ensuite si besoin. Quitte à laisser mourir volontairement les identités devenues trop limitantes et désuètes.

3- Du paraître à l’Etre :
Le Moi vit dans le monde des apparences, des illusions, de la projection, de la comparaison, et de la compromission. Il est par nature polymorphe car influençable. Il vit dans le paraître jusqu’à ne plus savoir qui il est vraiment avec toutes les souffrances qui vont avec. Pour sortir de ce cycle infernal, il s’agit d’oser être Soi-m’Aime. C’est-à-dire d’entrer dans son authenticité, de cesser de jouer des rôles pour plaire, pour aimer et être aimé, pour être accepté et se sentir existé.
Il s’agit d’oser vivre sa vulnérabilité comme faisant partie de son humanité, et de la voir comme un atout et une force, et non comme une faiblesse. Il s’agit de savoir vivre son originalité comme étant une richesse à partager. Il s’agit d’entrer dans sa vérité et la reconnaître qu’en faisant partie d’une vérité bien plus grande. Il s’agit donc de reconnaître sa véritable valeur, et de l’honorer sans se prendre pour plus que l’on est.

4- Traverser les deuils :
Le Moi refuse le changement et les pertes, et a peur de la mort. Pourtant le Moi mourra un jour ou l’autre. Placer la mort dans sa perspective de vie confronte le Moi à sa nature mortelle et temporelle. Une question se pose alors : « Si je mourrai aujourd’hui, qu’est-ce qu’il y aura vraiment compter dans ma vie ?… » Cette confrontation directe et volontaire à cette réalité de l’impermanence, rétablit l’ordre des priorités et pousse le Moi à donner du sens à sa vie au-delà du paraître. Chaque confrontation à la mort, chaque situation de deuil (symbolique, affectif ou physique) est une initiation du Moi au Soi. Il est donc important de les traverser au lieu de les éviter.
» Le Moi doit mourir pour que le Soi puisse vivre. » (Steiner)

5- l’acte créateur :
La créativité peut être aussi une voie pour passer du Moi au Soi. Créer sans intention de résultat met le Moi en retrait pour laisser la place à quelque chose de plus profond d’émerger et de s’exprimer. Il s’agit là de créer pour Etre et non pour paraître. L’artiste devient alors un canal qui permet au Soi de s’exprimer à travers lui. Telle est la fonction du véritable artiste.

6- l’action désintéressée :
Agir sans attribuer les fruits de l’action, où faire quelque chose d’utile sans que personne ne le sache est aussi une voie qui permet au Moi de s’ajuster au Soi.
Dans le prochain article, nous verrons comment la pratique du Mandala permet au Moi de s’ajuster au Soi.
Merci Philippe pour cette seconde partie sur Soi.